Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé

DCIdez-vous !

samedi 18 février 2012, par Patrick Jadoulle, médecin généraliste

LLG 25 mars 2000

A l’heure où les pouvoirs publics en appellent au sens de l’économie des prescripteurs et incitent ceux-ci à prescrire plus de produits génériques, très opportunément relayés en cela par les firmes commercialisant les dits médicaments, ne serait-il pas tout aussi opportun d’envisager pour les médecins la possibilité de prescrire en Dénomination Commune Internationale (D.C.I.) ?

Comme on le verra plus loin (voir page 14, Prescription en dénomination commune internationale), cette possibilité n’existe pas sur le plan légal dans notre pays. Elle existe par contre dans certains pays voisins, et notamment en France où de plus en plus de voix en appellent à ce type de prescription et où s’est même créé récemment un "D.C.I. - Club" [1] regroupant médecins et pharmaciens zélateurs de cette pratique.

Prescrire en D.C.I. permet au médecin de recentrer sa prescription sur l’essentiel, à savoir le réel nom de la substance concernée, la forme et la quantité les plus adaptées à la situation particulière que cette prescription espère soulager où guérir. Et ce sans plus devoir s’embarrasser des noms de spécialités de plus en plus pléthoriques.

Ce faisant, le prescripteur se rend plus indépendant des pressions commerciales et signifie par ailleurs qu’il n’est en rien responsable du coût des médicaments, n’ayant aucun pouvoir ni sur la fixation du prix, ni sur le conditionnement, ni sur les difficultés éventuelles du pharmacien à se procurer les produits les moins chers.

Ce dernier, quant à lui, retrouve une plus grande liberté dans la gestion de ses stocks et dans le choix de la délivrance la plus adaptée, tant en terme de prix que de conditionnement. Il voit également se renforcer son rôle de conseil auprès de l’acheteur.

Et celui-ci retrouve de la sorte une certaine marge de négociation avec le pharmacien, récupérant ainsi un peu de ses prérogatives de consommateur.

Nous plaidons donc pour la possibilité légale, et non l’obligation, de prescrire en D.C.I. dans notre pays. Si tel était le cas nous proposons que l’on considère ce type de prescription comme l’accord tacite du médecin au droit de substitution par le pharmacien : celui-ci serait tenu de délivrer la spécialité correspondant au conditionnement le plus adapté et au prix le plus avantageux.

Et vous, fidèles lectrices et lecteurs, si vous en aviez la possibilité, que DCIderiez-vous ?

Nous attendons vos réactions…

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Notes

[1La Revue Prescrire, janvier 1999, 19(191), 74.

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