Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé
Accueil > La Lettre du GRAS > LLG n°101, décembre 2017 > L’Organisation Mondiale de la Santé, réalisations et échecs

L’Organisation Mondiale de la Santé, réalisations et échecs

dimanche 31 décembre 2017, par Francesco

« L’Organisation Mondiale de la Santé, réalisations et échecs  » - un nouveau livre d’Yves Beigbeder aux Ed. Routledge London et New York. Décembre 2017.

Une privatisation progressive de l’organisation est actuellement en cours. En moins de 25 ans, le budget est passé d’un financement de plus de 50% par des fonds publics, constitués par des contributions fixées, à seulement 18 à 20% actuellement. L’OMS est actuellement entre les mains (environ 80% de son budget) de fondations philanthropiques telles que la Fondation Bill et Melinda Gates, un petit nombre de pays industrialisés qui fournissent des fonds volontaires et des grandes sociétés pharmaceutiques. Ces contributions volontaires sont canalisées vers les priorités de santé décidées par les bailleurs de fonds et non par les gouvernements, membres de l’organisation.

Un autre problème important, analysé dans ce livre, est le dilemme entre une agence normative en charge de formulation et création de normes internationales ; l’administration du code international de la santé et la création d’accords contraignants en santé mondiale contre une agence humanitaire qui met en œuvre des projets financés par des organisations caritatives internationales, en rivalisant avec d’autres agences telles que le Fonds mondial, GAVI, UNITAID ou d’autres agences des Nations Unies telles que l’UNICEF, l’ONUSIDA ou le PNUD ou de grandes ONG comme MSF. La responsabilité des erreurs commises avec les épidémies de grippe H1N1 et Ebola, comme l’a mentionné l’auteur, a créé un mouvement qui a donné à l’organisation une double mission, à la fois normative et opérationnelle. Cependant, l’OMS devrait être une agence normative et non opérationnelle et elle doit disposer de ressources adéquates et être réorganisée pour remplir son mandat. Beaucoup d’idées et d’analyses dans ce livre pourraient aider à réorienter l’Organisation. Le dilemme est plus que jamais entre ce que veulent quelques donateurs de l’organisation, ce que fait l’organisation et ce dont le monde a besoin aujourd’hui d’une agence des Nations Unies consacrée à la santé. Pour ceux qui croient encore au rôle que doivent jouer les Nations Unies dans le domaine de la santé et plus encore, pour ceux qui veulent fournir des solutions et contribuer à la future direction de l’OMS, le livre actuel d’Yves Beigbeder est un outil indispensable.
D’après German Velasquez, Conseiller spécial pour la santé et le développement, Centre Sud, Genève (Emed- 7/12/2017)

Partager {#TITRE,#URL_ARTICLE,#INTRODUCTION}

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | © GRAS asbl 2012