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Standardiser la présentation des médicaments

dimanche 23 novembre 2014, par Marc Bouniton

En 2012, la production mondiale de médicaments antirétroviraux était assurée par 8 industriels propriétaires et 7 industriels génériqueurs. Ils fournissent les 22 molécules à partir desquelles sont constitués les différents schémas thérapeutiques qui associent le plus souvent 3 médicaments de classes différentes, sur la base des recommandations internationales périodiquement révisées.

Des logiques commerciales de prolifération

Chaque pays s’approvisionne de manière indépendante à travers des procédures d’appels d’offres et de mise en concurrence des fournisseurs internationaux avec sélection des fournisseurs meilleur marché. La répartition des achats entre plusieurs fournisseurs (pour se prémunir d’éventuels défauts de livraison) fait que l’approvisionnement en un médicament peut être assuré par deux, voire trois fournisseurs différents sur la période couverte par un appel d’offre (1 à 2 ans). Comme chaque fournisseur définit lui-même et de manière indépendante le nom commercial et les caractéristiques de ses médicaments, cela se traduit par une véritable prolifération d’appellations, de formats, formes et couleurs différents pour un même médicament. Sachant qu’un schéma thérapeutique associe communément trois médicaments différents, et que chacun des trois peut varier plusieurs fois dans la même année, cela conduit à une modification fréquente de l’aspect des traitements.

Cette diversité d’appellations et d’apparences, et leurs variations fréquentes ont de nombreuses conséquences importantes, tant pour les patients que pour les professionnels de santé. Les risques d’erreurs doivent d’autant plus être pris en considération que la dispensation des médicaments, dans les pays à faible revenu, est souvent réalisée dans un contexte de délégation des tâches à des personnes qui ne sont pas pharmaciennes et dont la formation est parfois sommaire et non réactualisée.

Dans le cas spécifique des médicaments contre le VIH pour les pays du Sud, le principe d’une standardisation des apparences des médicaments antirétroviraux s’impose afin de rationaliser la gestion pharmaceutique et de favoriser l’observance thérapeutique des patients. Il est nécessaire et urgent d’instaurer le critère d’une parfaite similitude d’apparence entre les médicaments comportant le même principe actif, au même dosage, bioéquivalents et commercialisés par des industriels différents, qu’ils soient propriétaires ou génériqueurs. Il faudrait également mener une réflexion sur l’appellation des médicaments car les variations sont aussi une source de confusion pour les patients et les professionnels de santé. L’étape suivante devrait être la standardisation des appellations à partir de la Dénomination Commune Internationale (DCI).

Plus d’infos sur : www.essentialdrugs.org/emed/archive/201307/msg00016.php

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