Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé
Accueil > La Lettre du GRAS > LLG n°78, septembre 2013 > Influences des firmes pharmaceutiques sur les soins de santé

Influences des firmes pharmaceutiques sur les soins de santé

mardi 5 août 2014, par Rédaction GRAS

Influences des firmes pharmaceutiques sur les soins de santé - TFE Cindy Joye

«  La médecine a fait tant de progrès que plus personne n’est en bonne santé  » Aldous Huxley

Dans le cadre de son Certificat Universitaire en Ethique des Soins de Santé (UCL & FUNDP – 2012), notre consœur Cindy JOYE, médecin généraliste, a réalisé son TFE (Travail de Fin d’Etude) sur ce thème. Elle a accepté que le GRAS le mette à disposition sur son site Web (cliquez ICI).

Quelques perles tirées de ce travail :

  • Méfions-nous des « 3F » généreusement offerts par les délégués médicaux : Food, Flattery and Friendship.
  • Thomas Pogge propose un modèle alternatif, qui, d’une part, stimulerait les firmes pharmaceutiques à la recherche de médicaments utiles, et, d’autre part, faciliterait l’accès aux médicaments par tous en baissant les prix de vente. Il propose que tous les résultats obtenus pour développer un nouveau médicament essentiel soient considérés comme un bien public accessible à tous, partout dans le monde, sans frais. Il propose également que ceux qui découvrent un nouveau médicament puissent déposer un brevet, comme dans le système actuel, mais que les royalties à percevoir soient calculés en fonction de l’impact que la découverte aura sur la charge mondiale de morbidité. Les firmes pharmaceutiques vont ainsi automatiquement orienter leurs recherches vers les pathologies qui touchent le plus grand nombre d’individus. Elles auront un intérêt financier à pratiquer une politique de prix bas car le nombre de patients traités par la nouvelle molécule détermine leur retour sur investissement. Pour éviter que certains médicaments à faible impact sur la charge mondiale de morbidité mais néanmoins très utilisés en Occident disparaissent, il propose de limiter sa réforme aux médicaments essentiels. Ce système, alléchant, a donc comme avantages : un meilleur accès aux médicaments utiles pour tous, une meilleure image des pays riches auprès des pays en développement, une diminution du poids de l’aide humanitaire en réduisant la morbidité mondiale, tout en permettant aux firmes de faire du bénéfice.
  • La logique de marché induit que la santé est un besoin et que l’assouvissement de ce besoin passe par une consommation. L’acte médical consiste en la délivrance d’un produit en réponse à un besoin. Le travail marketing d’une firme pharmaceutique consiste à faire émerger les besoins et à induire la connexion entre ce besoin initié et la délivrance d’un produit.
  • « Disease mongering » et acharnement préventif.
  • Les maladies ne sont-elles pas toutes des inventions ? Ce qu’on appelle « maladies » ne sont pas des entités fixées par la nature mais sont en fait des représentations qui varient selon l’époque, l’endroit et les individus. Les concepts de maladies naissent, se développent et meurent parfois… L’identification d’une maladie a pour corollaire la précision du normal. Or ce normal lui-même est douteux : s’agit-il du sentiment qu’a l’homme de ne pas être malade, ou d’avoir telles valeurs mesurées comprises entre les normes fixées par des experts ? « Une maladie moderne est-elle autre chose que ce que la médecine peut traiter ou mesurer ? », se demande B. Hanson. Les maladies sont le fruit d’une interaction constante et complexe entre la nature, l’individu, la science médicale et la société.
Partager {#TITRE,#URL_ARTICLE,#INTRODUCTION}

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | © GRAS asbl 2012