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Action n°126 : DISPARITIONS INQUIETANTES : Qui décide de la politique du médicament ? (08/2008)

mercredi 7 décembre 2011, par Rédaction GRAS

Revendication politique.

La dernière spécialité à base de gelules de cloxacilline, le Penstapho N®, vient de disparaître du marché belge des médicaments humains alors que cet antibiotique reste disponible sur le marché vétérinaire sous forme p.ex. d’Orbenin®. La cloxacilline reste le premier choix de traitement en cas d’érysipèle et de cellulite [1], la flucloxacilline encore disponible sous forme de Floxapen® et Staphycid® provoquant davantage d’hépatites cholostatiques [2].

Après l’Acedicone®, voici le MS Direct® de Mundipharma, comprimé de morphine d’action rapide, qui vient aussi de disparaître sans que les prescripteurs n’en aient été avertis. Il ne reste plus sur le marché belge comme morphine rapide per os que les gouttes d’Oramorph®, beaucoup plus onéreuses et non remboursées et les préparations magistrale, elles aussi plus onéreuses pour la Sécurité Sociale.

D’autre part, la conversion de Coversyl 4 mg en Coversyl 5 mg ne serait-elle pas encore un moyen de contrer l’arrivée du générique à 4 mg en échappant au mécanisme du prix de référence pour le calcul du remboursement par l’INAMI ?

A signaler aussi le retrait mondial de l’insuline Mixtard® au profit de la Novomix® un peu plus chère (+ 3 € / 5 X 3 ml), toutes deux de la société Novo®.

Finalement, l’état et les prescripteurs ont-ils encore quelque chose à dire dans la politique du médicament qui est davantage influencée par la politique de marketing des grandes firmes pharmaceutiques ?

Saluons ici le retour de la pénicilline en comprimés et sirop (Labo Vésale), 1er choix dans les angines à streptocoques… quand il faut les traiter par antibiotique ! Le prix du sirop de Pénioral® (11,2€ / 100 ml) est néanmoins le double de celui du sirop d’amoxicilline le moins cher (5,03 / 100 ml à 250 mg / 5 ml).

Face à ces retraits pour motifs économiques et aux ruptures de stock dues à la politique de contingentement par pays, le GRAS revendique le maintien sur le marché des médicaments reconnus utiles dans les guidelines.

Voir nos revendications politiques

AUTRES ACTIONS DU GRAS SUR CE THEME :

  • Action n° 8 : Pénicillines PENIORAL ® (WYETH) et ORACILLINE ® (RHONE POULENC) (2/93) : retrait des sirops de pénicilline V.
  • Action n° 67 : RUPTURES DE STOCKS (9.2002) : Politique délibérée de marketing contraire aux règles en usage. LLG 48, 12-2005

SUITES : LLGn°67, septembre 2010

La forme injectable de vérapamil (Isoptine® amp. i.v.) a été retirée du marché pour des raisons commerciales. Le vérapamil a une place dans le traitement des arythmies supraventriculaires. Voir FOLIA EXPRESS 2010/6

SUITES : LLG n°69, mars 2011

Action n°127 : XAMIOL® de Leo Pharma (10/2010) : surcoût injustifié, manipulation commerciale.

AUTRES ACTIONS CONNEXES DU GRAS :

  • Au contrôle des prix :
    • Action n°14 : Fluor ZYMAFLUOR ® (ZYMA) (1/94) : prix multiplié par 4,5 à 7 lors d’un changement du statut du produit.
    • Action n°31 : SCHERING, WYETH, ORGANON, AACIPHAR (5/96 - mars 2005) : demande de déremboursement de contraceptifs oraux
    • Action n°55 : ATROVENT® (Ipratropium) BOEHRINGER INGELHEIM (2/2001) : augmentation de prix injustifiée
    • Action n°114 : FOSAVANCE – FOSAMAX : un tour de passepasse de MSD pour maintenir un prix élevé de remboursement par l’INAMI (7/2008) LLG 59, septembre 2009
  • Retrait de médicaments :
    • Action n°8 : pénicillines PENIORAL ® (WYETH) et ORACILLINE ® (RHONE POULENC) (2/93) : retrait des sirops de pénicilline V.

SUITES : LLG n°71, septembre 2011

La clométocilline (Rixapen®), un antibiotique du groupe des pénicillines, est retirée du marché belge pour des raisons commerciales. La pénicilline V (phénoxyméthylpénicilline) est une alternative valable à condition de bien respecter les modalités d’administration : 3 prises par jour en dehors des repas (1 heure avant ou 2 heures après le repas).
Bon à savoir du 13.05.2011

SUITES : LLG n°108, octobre-novembre 2018

L’indisponibilité des médicaments et vaccins est un phénomène de plus en plus préoccupant : en 2017, en France, plus de 500 médicaments essentiels ont été signalés en tension ou rupture d’approvisionnement, soit 30 % de plus qu’en 2016. Sont concernés des médicaments de première importance dans notre arsenal thérapeutique, notamment des anticancéreux, des vaccins et des antibiotiques. Du fait de la délocalisation à l’étranger de la plupart des structures de production de médicaments, c’est l’indépendance sanitaire de l’Europe qui est désormais remise en cause. Face au défaut de transparence sur les origines de ces pénuries et les responsabilités en jeu, le rapport de la mission d’information sur la pénurie de médicaments et de vaccins permet de cerner un peu mieux la réalité d’un phénomène traité, dans les médias, de manière toujours parcellaire.

Exemple préoccupant : l’indisponibilité de la benzylpénicilline injectable 1.200.000 UI (Penadur®), 1er choix dans le traitement de la syphilis 1aire, 2aire et latente cf. CBIP : il n’y a plus qu’un producteur mondial, en Chine...

SUITES : LLG n°109, décembre 2018 - janvier 2019

Arrêt de commercialisation de Marevan®
La commercialisation de la seule spécialité à base de warfarine en Belgique (Marevan®), prendra fin en mars 2019. La substitution de la warfarine par l’un des autres antagonistes de la vitamine K n’est pas simple. Vu les sérieux problèmes que ceci peut poser, le CBIP et plusieurs groupes de médecins demandent donc avec insistance que la disponibilité de la warfarine en Belgique continue à être garantie au-delà du 1er mars 2019.

Même si le Marevan n’est pas très populaire – à tort - en Belgique francophone, il faut rappeler que toutes les études validant l’intérêt des anticoagulant de type antivitamine K ont été réalisée avec cette molécule. De plus ce retrait va amplifier le shift vers la prescription des DOAC (anticoagulants à action directe).

En France, quand la rupture d’approvisionnement concerne un médicament d’intérêt thérapeutique majeur et que la firme productrice n’a pas élaboré un plan de gestion des pénuries, des amendes sont imposées. Le laboratoire MSD, producteur du SINEMET°, vient d’y être condamné à payer une amende de plus de 348 000 euros. Pour en savoir plus, lire ce courrier de l’ANSM. Cet exemple donnera peut-être un peu plus de courage à nos autorités face à ce problème récurrent…

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Notes

[1BABCOC Guide belge des traitements anti-infectieux en pratique ambulatoire 2006 www.health.fgov.be

[2Répertoire Commenté des Médicaments 6.2008 www.cbip.be

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