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Action n°102 : ALZHEIMER : privilégier les approches non médicamenteuses. Sensibilisation des prescripteurs et du public (09/2007)

mardi 6 décembre 2011, par Rédaction GRAS

La campagne médiatique actuelle concernant la maladie d’ALZHEIMER vise surtout à promouvoir le traitement médicamenteux de cette affection. Les messages qui y sont développés sont à l’emporte pièce et trompeurs : « 7 malades sur 10 n’ont pas accès au traitement » (Le Soir 17.08.07), « plus tôt dépisté = plus tôt soigné = gagner du temps sur la maladie. » C’est oublier que l’efficacité des médicaments anti-Alzheimer étant modeste et transitoire et leurs effets indésirables nombreux, il faut se demander régulièrement si leur prescription est réellement utile au patient et s’il ne faut pas leur préférer les prises en charge de type non médicamenteux (baluchonnage, cantous, cafés de la mémoire, snoezelen,…).

Voir aussi : Action n°91

SUITES : LLG n°63, septembre 2009

La campagne médiatique actuelle concernant la maladie d’ALZHEIMER vise surtout à promouvoir le traitement médicamenteux de cette affection. Les messages qui y sont développés sont à l’emporte pièce et trompeurs : « 7 malades sur 10 n’ont pas accès au traitement (Le Soir 17.08.07) », « plus tôt dépisté = plus tôt soigné = gagner du temps sur la maladie. » C’est oublier que l’efficacité des médicaments anti-Alzheimer étant modeste et transitoire et leurs effets indésirables nombreux, il faut se demander régulièrement si leur prescription est réellement utile au patient et s’il ne faut pas leur préférer les prises en charge de type non médicamenteux (baluchonnage, cantous, cafés de la mémoire, snoezelen,…), Plus d’infos LLG 56, p.50-1.

Un rapport récent (n°111B de 7/09) du KCE (Centre Fédéral d’Expertise www.kce.fgov.be ) confirme notre ancienne critique. Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a étudié l’efficacité de la prise en charge, médicamenteuse ou non, de la maladie d’Alzheimer (MA). Il constate qu’un soutien professionnalisé et de longue durée apporté aux soignants informels, constitue la seule intervention retardant significativement l’institutionnalisation du patient. L’effet potentiel de ce type d’intervention non pharmacologique semble être supérieur à ce qui peut être observé avec les médicaments actuellement disponibles (…) Comme il n’y a encore aucun traitement qui permette d’arrêter vraiment l’évolution de la maladie, un diagnostic aussi précoce n’est pas encore vraiment nécessaire aujourd’hui.

Efficacité limitée des médicaments actuellement disponibles
L’efficacité de l’arsenal thérapeutique actuel est très limitée. Les études sur les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase montrent que les symptômes (par exemple les troubles de la mémoire) ne sont maîtrisés que chez un patient sur dix. L’évolution de la maladie ne peut être stoppée. Les preuves de l’efficacité de certains médicaments actuellement remboursés (Ginkgo biloba, la mémantine en monothérapie) sont si faibles que le KCE remet en question leur remboursement. La plupart des études de coût-efficacité de ces produits ne sont pas très fiables. Il a par exemple été suggéré que ces médicaments retardaient l’institutionnalisation des patients, mais ceci ne ressort pas d’études randomisées. Malgré tout, approximativement 70% des patients qui restent à la maison et un tiers des patients institutionnalisés reçoivent un inhibiteur de l’acétylcholinestérase. Le KCE recommande également que l’utilisation des antipsychotiques chez les patients souffrant de MA soit limitée au maximum, car cette utilisation est associée à des chiffres de mortalité plus élevés.

SUITES : LLG n°71, septembre 2011

Démence : quatre alternatives efficaces aux traitements médicamenteux

Les médicaments ne sont pas d’une grande utilité pour la prise en charge de la démence mais y a-t-il des solutions alternatives ? Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a analysé trente formes de prise en charge non médicamenteuses. Des données scientifiques montrent l’efficacité de quatre d’entre elles. Le soutien psychologique, social et la formation de l’entourage sont à privilégier à domicile. En institution, la formation du personnel soignant diminue l’usage des moyens de contention. Enfin, l’activité physique et la stimulation des fonctions cognitives exercent un effet positif sur la personne souffrant de démence. Deux conditions pour le succès des ces interventions : un suivi professionnel régulier et un ajustement de l’intervention au patient et à son entourage. Force est de constater que les données scientifiques manquent pour tirer des conclusions relatives aux autres interventions.

Source : Communiqué de presse du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE)

A Charleroi, dans le cadre de la campagne de sensibilisation au dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer qui se déroulera à partir du 21 09 2011, des séances de formation des acteurs de la santé
sont organisées par une large plateforme (hôpitaux, firmes pharmaceutiques, organisations professionnelles).

Le GRAS critiquait déjà ce genre d’initiative en 2007 : « La campagne médiatique actuelle concernant la maladie d’ALZHEIMER vise surtout à promouvoir le traitement médicamenteux de cette affection.
Les messages qui y sont développés sont à l’emporte pièce et trompeurs : « 7 malades sur 10 n’ont pas accès au traitement (Le Soir 17.08.07) », « plus tôt dépisté = plus tôt soigné = gagner du temps sur la maladie. » C’est oublier que l’efficacité des médicaments anti-Alzheimer étant modeste et transitoire et leurs effets indésirables nombreux, il faut se demander régulièrement si leur prescription est réellement utile au patient et s’il ne faut pas leur préférer les prises en charge de type non médicamenteux (baluchonnage, cantous, cafés
de la mémoire, snoezelen,...) »

SUITES : LLG n°96, juillet 2017

Alzheimer : vers un déremboursement des médicaments en France

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