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Nouvelles du front... de la publivigilance

vendredi 2 décembre 2011, par Francesco

ACTION° 63 : DEPISTAGE DE L’OSTEOPOROSE – MSD (4.2002) : campagne de dépistage de l’ostéoporose non-justifiée, en collaboration avec les pouvoirs communaux et associatifs entraînant un surcoût d’examens complémentaires et inquiétant inutilement les femmes ménopausées - SUITES -

Un dépistage de l’ostéoporose par mesure de densité osseuse du talon (méthode peu fiable !) a été organisé au Hôme St Joseph à Charleroi à l’initiative de la firme Servier ® qui commercialise le Protelos®, médicament indiqué contre l’ostéoporose à base de Strontium. Quoique le remboursement de ce produit soit accordé par l’INAMI aux femmes de 80 ans ostéoporotiques avec un T Score < -2,5 (mais quelle personne n’est pas ostéoporotique à cet âge ! ?), l’intérêt thérapeutique du Protelos® semble très limité au vu de ses effets secondaires et de ses interactions [1] Selon la Revue Prescrire [2], autant se passer du Protelos !

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ACTION n° 112 : DANGER DE CERTAINS ASPECTS DES PLANS DE GESTION DES RISQUES DE L’EMEA (05.2008)

Des plans de gestion des risques sont imposés aux firmes pharmaceutiques par l’EMA (Agence Européenne du Médicament) ces dernières années en contrepartie de l’acceptation (par l’EMA) d’une accélération de l’enregistrement de nouveaux médicaments et donc de leur mise sur le marché. Ces plans peuvent également comporter du matériel éducatif pour les patients. Plutôt que de donner aux firmes encore plus de latitude dans leur communication avec les patients et les consommateurs en général, mieux vaut veiller à ce que ces firmes divulguent toutes les données pertinentes sur leurs médicaments. Revendication politique LLG n°58, juin 2008 - SUITES -

La firme Novartis a envoyé en mai 2011 aux médecins généralistes belges une fiche d’information pour médecins et pharmaciens « pour une utilisation sûre et efficace du médicament ». Cette mesure est censée garantir une utilisation sûre de ce médicament dans le cadre d’un plan obligatoire de mitigation des risques, condition de sa mise sur le marché européen. Ce « matériel éducatif complémentaire » n’apporte rien de plus que la notice scientifique si ce n’est que, pour une fois, sa police permet une lecture aisée aux patients presbytes. Si Novartis rappelle bien que ce produit ne doit pas être utilisé chez les patients asthmatiques ou susceptibles de l’être, la lettre d’accompagnement signale que ‘la bronchodilatation est la pierre angulaire de la prise en charge de la BPCO (réf GOLD 2010) ».
Tiens… et nous qui croyions que c’était l’arrêt du tabagisme ! ?
Novartis® s’est engagé à rappeler les RBP (Recommandations de Bonne Pratique) relatives à la prise en charge de la BPCO lors de la présentation de son produit. A vous de nous dire si c’est bien le cas si vous recevez encore les délégués médicaux …

AUTRE ACTION CONNEXE DU GRAS SUR CE THEME

ACTION N°124 : LIPITOR® de Pfizer (6/2010) : un service d’éducation à la santé irremplaçable ! En juin 2010, pour rassurer le patient qui s’inquièterait devant la diminution de taille de ses comprimés de Lipitor, Pfizer a créé un carnet de feuillets destinés au patient reprenant le message « Même Lipitor®, comprimés plus petit ». On s’attendrait à mieux comme « service d’éducation à la santé ». C’est un peu gros ... ! cfr LLG n° 68, décembre 2010.

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ACTION N° 128 (8/2011) : NANOPARTICULES : pour une pharmaco- et matériovigilance accrues des produits contenant des nanoparticules. Dans le doute, appliquons le principe de précaution tant en pharmacologie clinique qu’en médecine du travail (protection des travailleurs exposés).

Certains produits cosmétiques (crèmes de protection solaire de type fluide ou rouges à lèvres p. ex.), certains pansements actifs (Acticoat Flex 3®p.ex.), certaines technologies diagnostiques (Imagerie, miniaturisation des systèmes de surveillance « nomade ») ou thérapeutiques(Vaccins, implants, thérapies géniques, neuroprothèses, biomatériaux, thérapies anticancéreuses dites de « vectorisation »ou d’hyperthermie) exposent les usagers à de très petites particules susceptibles d’être résorbées dans l’organisme. Beaucoup d’incertitudes persistent sur le devenir et l’innocuité de ces nanoparticules dont l’usage va croissant. Des études toxicologiques démontrent le passage de nanoparticules à travers certaines membranes biologiques ( alvéolo-capillaire pulmonaire et intestinale) ainsi que des similitudes d’effets de certains nanotubes de carbone avec les fibres d’amiante. Pour une nanoscience responsable, il importe de progresser dans l’évaluation des risques humains et environnementaux liés aux nanotechnologies. Le cadre juridique actuel doit être adapté (traçabilité, mention dans l’étiquetage, métrologie, production annuelle inférieure au tonnage requis par la règlementation européenne REACH pour déclencher l’obligation d’enregistrement de la substance,…). Méfions-nous de l’euphorie suscitée dans certains milieux par la convergence NBIC (Nano, Biotechnologies connectées aux sciences Cognitives et de l’Information), rapprochement interdisciplinaire surnommé en anglais « small BANG » (Bits, Atoms, Neurons, Genes).

PLUS D’INFOS :

Prescrire Rédaction « Nanotechnologies (1ère partie) : les enjeux et les sources d’exposition de la population aux nanoparticules » Rev Prescrire Avril 2009 ; 29 (314) : 942-945.

Prescrire Rédaction « Nanotechnologies (2ème partie) : Evaluer les risques et protéger sans attendre » Rev Prescrire Avril 2010 ; 30 (318) :294-300.

www.debatpublic-nano.org
www.nanosafe.org

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Notes

[2Prescrire Rédaction « Strontium et ostéoporose : balances bénéfices-risques de plus en plus défavorables » Rev Prescrire avril 2010 (30) ; 318 : 261

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