Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé
Accueil > La Lettre du GRAS > LLG n°77, juin 2013 > Editorial : Liens d’intérêts : rien à déclarer ?

Editorial : Liens d’intérêts : rien à déclarer ?

jeudi 10 octobre 2013, par Marc Bouniton

La météo de ce mois d’août nous annonçait du bon temps « avec un degré de certitude élevé ». On aimerait disposer de ce genre de score pour évaluer le niveau de preuve appuyant la force des recommandations en santé. Malheureusement le manque de transparence et d’indépendance hypothèque l’impartialité de l’expertise en médecine. Les liens d’intérêt des experts ne relèvent pas d’une question morale mais constituent un problème de santé publique, un risque sanitaire avéré comme nous l’a rappelé Philippe Masquelier, le président du FORMINDEP à notre dernière assemblée générale. Sans être une corruption franche, ils peuvent représenter un risque de capture des institutions de santé par certains lobbies, dénoncé par certains « lanceurs d’alerte » dont nous nous faisons l’écho dans ce numéro.

Deux thèmes majeurs charpentent cette lettre du GRAS : les suites de notre campagne de sensibilisation sur le thème « STOP aux médicaments camouflés » sous forme de nutriments ou de dispositifs médicaux et notre revendication de « plus de transparence pour une expertise indépendante en santé ».

Ce dernier enjeu est fondamental en démocratie : il dépasse largement le secteur de la santé et de l’environnement. La prise de décision politique nécessite des données objectives et complètes. La campagne All Trials il-lustre ce besoin en médecine et ce n’est pas le texte de loi voté récemment à la Chambre fédérale belge qui suffira à « renforcer la crédibilité, la transparence et l’indépendance des décisions prises dans le domaine de la santé publique ». Ce déficit de transparence, on le retrouve à l’INAMI dans sa récente application web sécurisée Concerto (Accès aux ordres du jour, notes et PV) qui reste réservée aux membres de ses organes internes.

A côté de cela, les géants de l’agroalimentaire parviennent à nous vanter et à nous vendre tout à la fois un produit et son contraire : d’un côté, des aliments préparés riches en huile de palme qui augmentent significativement notre taux de cholestérol et de l’autre, un produit « miracle », un alicament (cf. LLG 76) promu pour faire diminuer ce même cholestérol !

Les marges bénéficiaires dégagées par cette filière de produits dépassent largement celles des produits standards. On voit même ces sociétés pré-tendre, via des sites internet « éducatifs », prévenir l’obésité et les maladies cardiovasculaires. L’article sur la levure de riz rouge fait écho à ce paradoxe rentable ainsi que nos actions préalables sur les margarines enrichies aux phytostérols.

Bonne lecture et profitez bien de l’été pour cultiver votre indépendance d’esprit comme nous le rappellent certains étudiants états-uniens dans cette lettre.

Partager {#TITRE,#URL_ARTICLE,#INTRODUCTION}

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | © GRAS asbl 2012