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GAVI (Global Alliance for Vaccines and Immunization)

dimanche 18 décembre 2011, par Francesco

GAVI est un outil de mobilisation de ressources pour l’achat de vaccins récents pour les pays du Sud. Il y a en effet un grand différentiel de prix entre les vaccins classiques du programme élargi de vaccination (DTC, BCG, Polio) et les nouveaux vaccins (Hepatite B, Hib, Pneumocoque, rotavirus, etc). Les vaccins dont GAVI assure (ou va assurer) l’achat pour les pays du Sud sont principalement : pneumocoque, Hib, Hepatite B, rotavirus, HPV, méningite A. GAVI est également chargé de l’achat du vaccin pentavalent (Hib + HepB + Diphtérie + Tétanos + Coqueluche). A ce titre, il "empiète" sur des vaccinations classiques (DTC) prises en charge d’habitude par les Etats du Sud eux-mêmes. Les commandes de vaccins sont réalisées par l’UNICEF. Parmi les donateurs qui financent GAVI, on trouve des états, la fondation Bill et Melinda Gates, des organisations caritatives et des entreprises privées. Tous les membres du bureau de GAVI sont en situation de conflit d’intérêt, dont l’UNICEF, qui est le fournisseur intermédiaire de presque tous les vaccins fournis par GAVI et l’OMS qui reçoit des fonds pour son travail mais aussi les pays récipiendaires de l’aide pour les vaccins. Le fonctionnement de GAVI est assez proche de celui du Fonds Mondial. Les Etats éligibles font part de leurs requêtes. En fonction de l’ensemble des demandes et des ressources disponibles, GAVI permet l’introduction de tel ou tel vaccin dans tel ou tel Etat.

GAVI, un peu comme le fait UNITAID, essaie également de faire baisser les prix de ces nouveaux vaccins. Il s’agit à la fois de garantir un volume suffisant pour attirer les industriels et de faire jouer la concurrence entre les fournisseurs. A cet effet, des mécanismes financiers complexes, comme l’Advance Market Commitment, une garantie de marché pour les fournisseurs de vaccin (anti-pneumocoque pédiatrique en l’espèce), ont été mis en place. Mais
des ONGs comme MSF se sont montrés critiques à l’égard de GAVI et l’ont accusé de n’avoir pas eu suffisamment recours aux industriels des pays émergents pour faire jouer la concurrence à fond. MSF et Oxfam dénoncent les conflits d’intérêts liés à la présence de deux
membres de l’industrie pharmaceutique au conseil d’administration. « Gavi ne semble pas vouloir mettre en concurrence les entreprises pour faire baisser les prix des vaccins, alors que l’organisme est devenu un client majeur sur le marché des vaccins. »

GAVI assure également un appui financier structurel aux programmes de vaccination dans les pays du Sud. En effet, il est important, pour que la couverture avec les nouveaux vaccins s’améliore, que la couverture vaccinale en général s’améliore. En principe, les vaccins
bénéficiant du soutien financier de GAVI sont intégrés aux calendriers vaccinaux nationaux. Ainsi, après que le Burkina ait lancé une campagne de vaccination de masse avec MenAfriVac, le nouveau vaccin conjugué contre la méningite A, auprès de toutes les personnes de moins de 29 ans, la seconde phase consistera à vacciner en routine les enfants qui naitront dans les années à venir. L’objectif est donc d’intégrer les vaccins financés par GAVI dans les programmes élargis de vaccination.

D’après Julien Potet, Consultant en santé publique
Rédacteur en chef de www.docteurtropico.org via E-Med

Transparence des prix des vaccins à l’UNICEF

L’UNICEF a commencé à publier sur son site web les prix des vaccins fournis aux pays en développement. Jusque là seuls les prix moyens par vaccin étaient disponibles sur le site de l’UNICEF. A la demande de nombreux pays et partenaires, l’UNICEF publie maintenant sur son site les prix par vaccin et par producteur. L’évolution des prix sur 10 ans est également disponible. Elle est intéressante à analyser et montre certaines tendances fortes notamment la diversification du portefeuille en produits de l’UNICEF et le rôle des producteurs des pays émergents au cours de ces dernières années. Il faut rappeler que l’UNICEF est le plus gros acheteur de vaccins dans le monde en termes de nombre de doses (pas en valeur), son chiffre d’affaire s’est élevé à 757 million de dollars en 2010 pour environ 2.5 milliards de doses destinées à prés de 100 pays. C’est un pas très appréciable en matière de transparence et
d’effort en vue de rendre abordables les prix des vaccins, notamment les nouveaux qui coutent relativement cher et sont souvent produits par un trés petit nombre de fabricants. Tous les fabricants n’ont pas encore accepté ce principe de transparence mais ils vont certainement y venir, l’UNICEF inclut maintenant une clause dans ses contrats l’autorisant à publier les prix des vaccins qu’elle achète. Voir les prix vaccins achetés par l’UNICEF sur le site suivant : www.unicef.org/supply/index_57476.html
Dans l’interprétation des chiffres, il faut évidement ne pas oublier les termes des contrats et les conditions qui ont permis à UNICEF d’obtenir ces prix.

D’après Miloud Kaddar, Group leader Financing, planning and procurement Expanded Program on Immunization (EPI) Department of
Immunizations, Vaccines and Biologicals (IVB) Family and Child Health (FCH) World Health Organization via E-med

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