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Action n°130 : AVASTIN ® - LUCENTIS® : Il faut une recherche publique pour y voir clair dans le traitement de la DMLA

vendredi 23 mars 2012, par Rédaction GRAS

Avastin® (bévacizumab) est un médicament anticancéreux qui est proche, de par son mode d’action, de certains médicaments, beaucoup plus chers (Livostin®, Macugen®) utilisés en ophtalmologie pour le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Les ophtalmologistes sont confrontés à un dilemme au moment du choix d’un anti-VEGF pour les patients atteints de DMLA : soit un médicament (commercialisé par Novartis) validé par de sérieuses études randomisées mais vendu plus de 1200€ par injection, soit la « molécule-mère » du précédent (commercialisée par Roche), utilisée largement en raison de son prix 30 fois moindre, mais non « validée » pour un usage intra-oculaire…

Avastin - Lucentis
Article publié dans La Lettre du GRAS n°72 de décembre 2011
Action n° 130 - mise à jour LLG n°74
SUITES : La firme NOVARTIS fournit gratuitement du Lucentis® (ranibizumab) aux ophtalmologues appelés à traiter par injections intravitréennes des DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age) hors conditions de remboursement INAMI en Belgique...

Mise à jour 08.2012

Pour une efficacité similaire, l’anticancéreux Avastin® coûte 25 fois moins cher que le Lucentis, médicament spécifique au traitement de la DMLA. Mais il n’a l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) pour cette indication dans aucun pays. De nombreux ophtalmologues hospitaliers utilisaient l’Avastin® au lieu du Lucentis®. Il faut toutefois déconditionner l’Avastin® pour l’utilisation ophtalmologique à faible dose.

Du fait de cas groupés d’infection de l’oeil aux États-Unis avec l’Avastin® déconditionné, la DGS (Direction Générale de la santé) en France et l’AFMPS (Agence Fédérale du Médicament et des Produits de Santé) en Belgique viennent de recommander l’arrêt de cette pratique en attendant une AMM qu’obtiendrait Roche dans cette indication pour l’Avastin®. Sauf qu’on ne voit pas pourquoi Roche la demanderait pour cause d’intérêts dans le Lucentis® : Genentech a mis au point une molécule qui bloque le développement des vaisseaux sanguins et l’a vendue à Roche, qui a développé l’Avastin® (Bevacizumab) contre le cancer, et une molécule identique, ou presque, à Novartis qui a produit de son côté le Lucentis® (Ranibizumab) contre la cécité. En 2009, Roche est devenue propriétaire de Genentech et, à ce titre, perçoit depuis lors des royalties sur le Lucentis®.

Mise à jour 10.2012

Dans une interview publiée sur le site Pharmaceutiques.com, Severin Schwan, CEO du groupe Roche, a récemment rappelé qu’il était hors de question pour son laboratoire de demander une AMM en ophtalmologie, et ce pour une question de santé publique !

SUITES : LLG n°80, mars 2014

L’Avastin® était, et reste toujours, bien moins cher que le Lucentis® (ranibizumab), le traitement officiel : 30 euros la dose d’Avastin®, contre près de 900 euros celle de Lucentis®. Le Lucentis® était en 2012 le médicament qui coûtait le plus cher à l’assurance maladie (ndlr. en France) : 389 millions d’euros. Finalement, l’Avastin®, équivalent au Lucentis® dans la dégénérescence maculaire liée à l¹âge (DMLA) et plus de 20 fois moins cher, pourrait être autorisé en France dans le cadre d’une recommandation d’utilisation temporaire (RTU). [1]

En Italie, l’autorité de la concurrence a annoncé une amende de 182,5 millions d’euros pour Roche et Novartis. Elle considère que les deux laboratoires se sont entendus pour, précisément, freiner le développement de l’Avastin®. [2]

Par ailleurs, en novembre 2013, la Cour de justice européenne a autorisé l’Avastin® dans la DMLA. [3]

Dans tout ce dossier, on peut déplorer la relative passivité des autorités publiques belges et des mutuelles chargées pourtant de défendre les intérêts des patients [4]. Même le Syndicat Belge des Médecins spécialistes en Ophtalmologie (SOOS) a réagi par voie de communiqué.

En France, l’UFC-Que Choisir a saisi le 03 avril dernier l’Autorité de la Concurrence à propos des éventuelles pratiques anticoncurrentielles des laboratoires Roche et Novartis. Que Choisir presse le gouvernement français de publier enfin le décret sur les RTU pour motif économique qui permettra à l’ANSM d’autoriser l’Avastin® dans le traitement de la DMLA et exhorte les parlementaires à mettre en place une commission d’enquête. [5] En Belgique, Test-Achats a aussi réagi en mars 2014 [6].

SUITES : LLG n°99, octobre 2017

Diminution du prix facial du Lucentis (Novartis) en Belgique, allongement de la durée de son remboursement par l’INAMI et assouplissement des conditions de remboursement, c’est l’aboutissement de négociations et accords tenus secrets suivant les termes de l’article 81 entre la Ministre de la Santé et la firme … plutôt que d’autoriser l’utilisation de l’Avastin (bévacizumab), beaucoup moins cher, dans le traitement de la DMLA.

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